depuis septembre 2000

retour accueil


mises à jour

Actualités

Etonnements

Notes d'écriture

Notes de lecture

Webcam

Ateliers d'écriture

 

Archives

Biblio

Liens

 

 

" éléments, remarques, notes et interrogations sur PPPP "







pppp2.jpg (48997 octets)



Dans cette première épreuve, on ne peut s'empêcher de regarder la liste du même auteur (et qui c'est celui là...)  qui augmente, même si c'est lent, même si on réalise qu'on a encore oublié de dire à l'éditeur de rajouter "La Réserve, Guéniot, 2000".

 

pppp3.jpg (21682 octets)

 

 

Bien sûr, découvrir la première page de la première épreuve, c'est déjà s'imaginer comment sera le livre, essayer de détecter ce qui vous fera tourner la page... et déjà rectifier quelques détails...

 

 

 

Paysage et portrait
en pied-de-poule
parution en janvier 2004, Fayard

Première épreuve et découvrir enfin le livre
(12 et 19/11/2003)

 

Un nouveau livre prend corps, non pas avec la remise du manuscrit, son acceptation par l'éditeur mais dans les corrections, la manière de se réapproprier le texte, et surtout, le choc de découvrir la première épreuve... avec le titre inversé par le typographe... Et se demander lequel finalement de ses deux titres PPPP surréalistes (comme on a pris l'habitude de le nommer) sonne le mieux...

 

pppp1.jpg (15696 octets)

 

L'épigraphe, petite phrase d'un autre auteur que l'on place avant les premiers mots. Et pourquoi, quelle alchimie m'avait fait citer Raymond Carver pour Central, rien pour Composants et maintenant Beckett? Mais l'évidence cette dernière phrase de  "Mal vu, mal dit" et ce dernier mot de bonheur...

pppp4.jpg (41871 octets)

La 4ème de couverture 
(il est temps de dévoiler l’intrigue… 26/11/01)

" Des clochers raclent le ciel comme des navires échoués, tout un paysage tangue au fil de ces pages : au milieu des terres labourées, un tracteur Fiat bleu passe ; à son volant, un ouvrier agricole. C’est son histoire qui est ici racontée. Ses semaines, partagées entre les champs, le café du village sur la nationale, la bâtisse familiale au décor inchangé depuis son enfance, les bals du coin, qu’il fréquente assidûment pour tromper sa solitude et rencontrer, qui sait, la femme de sa vie. Mais quelle est celle qui voudra de cet homme entre deux âges, sa veste pied-de-poule un peu démodée sur les épaules ? Et que fera-t-il, lorsqu’il découvrira un soir, en rentrant du boulot, sa mère morte dans le poulailler, face contre terre ?
Son histoire est aussi celle d’un monde qui finit, où les petites exploitations meurent, et où la télévision, lucarne vide de sens, luit dans la nuit des fermes. Reste la beauté des paysages et des chemins creux, que l’auteur, dans un souffle, rend palpable. "

La question que pose Gerhard Richter, peintre allemand, né en 32, dont les tableaux ressemblent à s’y méprendre à des photographies, est celle du rapport à la réalité : comment s’approcher le plus possible du vrai, du réel ? Hyper réalisme donc, avec son tableau " Chinon N° 645  ", exposé au Musée d’Art Moderne de Beaubourg et dont le format imposant laisse entrevoir qu’il a dû être confronté à un sacré défi (défi du sacré ?) pour pénétrer, comment dire, matériellement dans la représentation du paysage.
J’avais déjà commencé PPPP quand je suis resté de longs moments devant cette peinture.

Henri Hayden, ami de Beckett, avait trouvé d’autres voies (prochaine mise à jour de cette rubrique).

chinongerhardrichter.jpg (44551 octets)

" Le paysage est le royaume de la ligne parallèle : bandes fauves, mauves vers l’infini, une toute fine, bien derrière, dernier recul de la terre avant l’insolence de l’horizon et l’évidence du ciel, une plus épaisse, juste devant, de cette couleur indéfinie, mélange de kaki et de rayons ultraviolets pour la soupe lointaine et mélangée des plaines et des forêts. Une fois séparés le ciel et la terre, une fois que le parallélisme et l’horizontalité ont posé leurs théorèmes, des bois lointains, bleus, s’avancent en roulant mollement sur les champs, jusqu’à prendre, vers les plans les plus rapprochés, des allures de nuages verts, cotonneux, posés sans pesanteur comme des chenilles fatiguées. (PPPP, ch 3) "
(03/12/2003)

La visite de l’expo Matisse et Picasso a été sans doute un des éléments déclencheurs pour l’écriture de PPPP. J’en avais fais une note de lecture le 13/11/2001 (ci-dessous). Ce qu’il faut retenir : le " paysage " de Matisse, qui envahit le "portrait" par dessus l’épaule. Le découpage de Picasso. Tout cela est caché sous les couches de peinture de PPPP.
Les deux Italiennes ont été peintes en 1916 (Matisse) et 1917 (Picasso). Apollinaire allait bientôt mourir de la grippe espagnole, Blaise Cendrars avait perdu son bras à la guerre, Genevoix se remettait de ses blessures : rien ne serait plus comme avant. Pourtant, à l’heure où Cendrars rencontrait Raymone et rédigeait Profond Aujourd'hui, texte sur l’esthétique de la modernité, nos deux peintres s’émouvaient au-delà de la guerre d’une réalité, bien éloignée de la boue masculine des tranchées, féminine, plus riante et chargée de soleil. Et c’est dans cette note de lecture que je veux leur rendre hommage et regarder ces tableaux c’est comme lire deux chapitres d’un livre qu’on pourrait intituler Transfiguration du réel. En effet, comment mieux exprimer que Matisse son extraordinaire composition avec ce débordement du fond comme une vague (de fiction ? de réalité ?), ce qui est la part d’interprétation, de sublimation du peintre ? Et Picasso, de quelle façon fragmentait-il ses sensations pour restituer à chacune d’entre elles son énergie?
La " lecture " de ces deux tableaux nous en apprend beaucoup plus qu’un livre : comment glisser dans la douceur des phrases de Matisse, comment passer d’un paragraphe à un autre de Picasso, comment "décrire" finalement, car comme le dit Claude Simon : " le concret, c'est ce qui est intéressant, la description d'objets, de paysages, de personnages ou d'actions; en dehors, c'est du n'importe quoi. "



104_2_md.jpg (23117 octets)                          40_0001.jpg (45272 octets)              

(10/12/03)

La couverture de PPPP :
la très belle photo du bandeau en forme de croix
d’un motif pied-de-poule est une trouvaille de l’irremplaçable Yun Sun.
La terre des champs rappelle la période rose de Picasso, encore et toujours.
Sachez la retrouver chez votre libraire préféré ! (17/12/2003)

couv1.jpg (72202 octets)

Présentation du livre sur le site www.editions-fayard.fr comme une autre 4ème de couv (et où l’on apprend qu’on est " l’un des " jeunes " romanciers qui comptent… - 24/12/2003)

" Né à Langres en 1958, Thierry Beinstingel est cadre dans les télécommunications. Il a publié chez Fayard Central (2000), premier roman fort remarqué par la presse, et Composants (2002), lui aussi largement salué par la critique. Ce roman a reçu une mention au prix Wepler 2002 et a imposé Thierry Beinstingel comme l'un des jeunes romanciers français qui comptent.
Fils de cultivateurs, le personnage principal est ouvrier agricole. Son père a vendu les terres de la ferme familiale à une grosse coopérative régionale. Il loue donc ses services à un groupement céréalier et sucrier et sillonne ainsi la campagne au volant d'engins qui labourent et fauchent le paysage. Il est célibataire, vit seul avec sa vieille mère dans l'ancienne ferme. Son quotidien se partage entre les terres, le café du village, sur la nationale, où il va prendre un petit verre en passant, la bâtisse familiale au décor inchangé depuis son enfance et les bals du coin, qu'il fréquente assidûment pour tromper sa solitude, et rencontrer, qui sait, une femme qui serait faite pour lui. Un soir qu'il rentre un peu tard, au volant de son tracteur Fiat bleu, la mère n'est pas dans la cuisine. Comme elle tarde, il se décide à aller vérifier que tout va bien et trouve sa mère étendue dans le poulailler, morte déjà. Dans la monotonie des jours, cet événement est comme une parenthèse : sa sœur qui a fait sa vie en ville revient pour les préparatifs de l'enterrement. Deux univers se confrontent, le temps d'une cérémonie…
La campagne de Thierry Beinstingel n'a rien d'une carte postale qui chanterait le retour à la terre. Au contraire, ce qui s'y joue, c'est toujours le drame né d'une difficulté à être ensemble, à communiquer, c'est également la perte des repères, dans ces champs qui sont de jour en jour plus vastes, où les petites exploitations meurent, telle la mère dans son poulailler, et où la télévision est omniprésente, lueur vide de sens dans la nuit des fermes. "

Quand Remue.net parle de Paysage et portrait en pied-de-poule, "de plus en plus expérimental mais avec une justesse et une humanité qui lui donnent une voix bien reconnaissable", c'est aussi évoquer les portraits de Beckett et les paysages de son ami le peintre Henri Hayden. (21/01/04)

HaydenTerres%20Rouges%209131.jpg (23058 octets)     haydenplainedelimon.jpg (18841 octets)

Petit complément à propos des deux Italiennes de Matisse et Picasso (voir ci-dessus). Re-situons-les dans le contexte de 1917, le cubisme à déjà 10 ans, les deux peintres sortent de la disposition des natures mortes, des nus et entament simultanément un retour au portrait " dans la réalité ". J’ai déjà signalé l’importance de l’Italienne de Matisse dans le projet fusionnel du paysage et du portrait, Matisse le souligne à la même époque pour ses Odalisques : " dans cette ambiance de relaxation alanguie et sous cette torpeur solaire qui baignent les choses et les êtres, une grande tension couve, qui est d’ordre spécifiquement pictural, tension qui provient du jeu et des rapports des éléments entre eux. "(28/01/2004)
Un nouveau livre laisse forcement des traces dans un site qui se veut "tentative d'exposition du travail littéraire", sorte de jeu de piste qui part de l'incertitude, du truc vague, jusqu'à la certitude de la parution. On peut reprendre le chemin parcouru :
" … une dizaine d’écrits plus ou moins commencés, à finir ou temporairement abandonnés, notamment les textes au noms de code JJ et PPP. Tout cela doit bien représenter un volume de 250 pages…/… 2003 s’annonce ainsi assez solide dans le pétrissage des mots… "
(01/01/2003, Notes d’écritures)
" PPPP, il est temps d’en parler, le bouquin en cours qui se cache derrière ce sigle me tient en éveil depuis novembre…/... Mais qu’est-ce donc ? Petite Poésie Pendant la Paix ? Participation au Pouvoir du Parti du Peuple ? Pléthore de Pluies sur Pavots Planants ? Perceuse Pulsatile en Polissage Permanent ? "
(21/05/2003, Notes d’écriture)
" cet été exceptionnel ne m’avait pas laissé l’esprit ni le temps jusqu’alors pour me consacrer à PPPP, manuscrit présenté à l’éditeur début juillet mais qui nécessitait quelques ajustements, il fallait donc s’y mettre… L’exercice le plus difficile consistait à mêler deux chapitres afin de recentrer le récit, le rendre plus tendu, comment dire, plus dans l’action…/… Je garde un souvenir plutôt anxieux de cette principale correction qui s’imposait : ce n’est qu’après plusieurs tentatives que j’y suis arrivé (je pense…), sous forme d’une alternance de paragraphes puisés de part et d’autres. "
(20/08/2003, Notes d’écriture)
" Dans l’ombre de la salle à manger, l’ordinateur portable attendait les corrections de PPPP, mollement mais sûrement retravaillé, sorte de préoccupation tranquille et combien le mot de préoccupation est par ailleurs bien imagé, alliant la réflexion avant l’action. "
(27/08/2003, Etonnements)
" Il parle, nous parlons du livre à venir, PPPP qui semble désormais bien engagé. Et puis il me dit (à peu près) : vous êtes l’écrivain du temps et de l’espace, je veux dire des deux dimensions, comment dire, l’espace et le temps, en abscisse et en ordonnées. Vos personnages sont des points qui se débattent dans à des instants précis, marqués, dans un espace voulu, modelé par les hommes, contraints…/… Le lundi suivant, il me laisse un message sur mon mobile : j’ai lu la deuxième version ce week-end, je suis très content, je voudrais vous dire pourquoi. Je le rappelle bien sûr, avec hâte. "
(10/09/2003, Notes d'écriture)